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Le médiateur et la journée des droits des femmes.



Hier 8 mars 2023, en cette journée consacrée aux droits de la femme, il m'a été demandé d'orienter la permanence de gestion des conflits, permanence mensuelle dans une communauté de travail à Lyon, à destination plus particulièrement des femmes.

Je me suis surprise à ne pas accueillir positivement cette proposition. Pourquoi m'empêcher de soutenir plus particulièrement les demandes des femmes par rapport aux autres demandes ? Je m'en voulais de ne pas être engagée dans cette cause particulièrement. Ma position pourrait sembler désengagée, molle, non définie. Et d’autre part je ne voulais pas limiter l'écoute du médiateur à un seul acteur de la relation, comme si ma neutralité pouvait être mise en cause.

Cette réflexion m'a amenée à la suivante : exerçant désormais régulièrement la médiation dans différents domaines, avec différents publics, la posture que j'adopte dans ce cadre m'amène à appréhender la relation dans sa globalité, selon une approche systémique, et non pas individuelle. Cette approche consiste à accompagner la relation entre deux personnes, en tenant compte des différents facteurs interagissant sur la relation, c’est-à-dire ces deux personnes et le contexte particulier dans lequel elles évoluent.

Ainsi dans toutes circonstances je suis tenue de ne pas porter de jugement et ne pas prendre parti, mais aussi à m’attacher plus à la réalité concrète de la relation entre les deux personnes qu’à l’idée que je pourrais me faire de cette relation.

Celle-ci n'est jamais la même : l'équilibre des places, les besoins, les tempéraments changeant à chaque histoire. Aucune relation ne se ressemble et on ne peut jamais prévoir un mode d'intervention typé, ni stéréotypé.

Serait-ce par ce non jugement et de ce fait l'absence d'idées préconçues sur des schémas ou des situations récurrentes que je ne m'autorise pas à soutenir une cause plutôt qu'une autre ?

Chaque situation est unique et mérite une écoute et un soutien adapté et c'est ce que j'apprécie de faire particulièrement dans mon métier.

Cela évite les raccourcis, les idées arrêtées, la stigmatisation, ou la schématisation d'une situation.

La posture professionnelle implique la neutralité, mais au dela de cette posture, c'est une philosophie de vie qui guide.


Pour adopter finalement une position non militante. Mais pour autant non engagée? ...

La posture du médiateur est pourtant particulièrement engagée dans une vision humaniste et constructive de la société.

Gaëlle Walker


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