• Gaelle Walker

Confinement et indulgence...


En ce temps de confinement s’installe à la fois un climat de solidarité et de liens retrouvés, de valorisation des actes de partage et de don. Mais émerge aussi un climat de discorde, assombrissant doucement cet élan de confiance national partagé.


En effet, en famille comme au sein des communautés, à la radio, monte doucement un esprit tranchant et moralisateur visant à séparer et déconstruire le consensus dans la difficulté.

L’anxiété omniprésente provoque des réactions violentes envers ceux qui n’ont pas encore pris conscience ou qui ne se comportent pas comme on attendrait qu’ils le fassent.


  • La peur : l’angoisse de la maladie, de la contamination, de la durée du confinement, des conséquences économiques, financières et familiales. L'anxiété grandit avec les incertitudes, les informations préoccupantes que l'on reçoit de toute part. Ne pas savoir de quoi sera fait l'avenir alimente les appréhensions.

Les règles mises en place viennent soulager les angoisses de chacun.


  • Les règles : Ces règles définissant nos comportements, sont pour l’instant peu contestées. Le cadre posé est en effet sécurisant et nous donne le sentiment d’agir tous dans le même sens. Néanmoins, des polémiques viennent interroger ce cadre posé. Ces questionnements sont nécessaires pour maintenir un esprit critique et une liberté de penser …

Ce cadre est rassurant, parce que on s’y tient sans avoir besoin de le questionner, de l’adapter à sa situation personnelle, et sans distinction de culture, de statut social, ou de langage, ou de religion… ou presque. On s’en remet à une décision de nos dirigeants, du fait de la confiance qu'on leur accorde.


  • Le respect rigoureux du cadre : chacun s’astreint à respecter les préconisations. On s’engage dans une démarche avec conviction et détermination. Or, cette démarche n’est cohérente que si elle est collective. Ainsi, dans notre esprit, la rigueur que l’on s’impose à soi s’impose aussi aux autres.

Notre engagement devient alors notre principale occupation, d’autant qu’il nécessite des sacrifices financiers, familiaux, … Ainsi toute personne qui contrevient au respect du cadre porte atteinte à cet engagement, dévalorise l’effort consenti et détruit le sentiment de satisfaction accordé au sacrifice.

Le sacrifice n’a plus de sens puisqu’il n’est pas partagé, accentuant ainsi le sentiment de danger, d’injustice.

  • La discorde : Ces sentiments d’insatisfaction et de frustration font monter la colère et accentuent le jugement : La personne va ainsi réagir violemment à tout acte ne respectant pas le cadre comme elle le respecte elle-même. Elle se sent à la fois mise en danger et peu reconnue dans les efforts qu'elle fournit.

La colère amène l’insulte, la dégradation sociale, le bannissement et la stigmatisation. Elle amène aussi la discorde et la rupture, provoquant la fracture là où naissait enfin un sentiment de partage.


  • L'INDULGENCE et la pédagogie : Ne serait-il pas nécessaire de modifier nos comportements ? Pourrions-nous faire preuve d'écoute et utiliser des outils de communication adaptés, plutôt que d'exprimer brutalement cette colère.

En effet, il est nécessaire que tous respectent les mêmes règles, mais cela peut être amené de façon plus souple :

1. par l’incitation, l'exemple, la démonstration

2. la reformulation : expliquer mieux pour être mieux entendu

3. La pédagogie, en informant mieux sur le fonctionnement du confinement, l’effet de la contamination sans cette mesure, l’importance d’être tous soudés dans cette démarche…

4. Et l’indulgence. Qui nous permet de nous questionner sur les motivations de chacun à vivre cette expérience, et les amener à la réflexion, plutôt que les juger de façon systématique et conflictuelle.


Soyons indulgents, à l’écoute et convaincants

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